Coach : rôle et identité

Un coup d'oeil dans le miroir et je sais pourquoi je suis coach.
Un coup d’oeil dans le miroir et je sais pourquoi je suis coach.

Être coach est pour moi l’évolution naturelle d’une démarche que j’ai entamée il y a plusieurs années. En partant d’un constat d’insatisfaction sur le fonctionnement de l’entreprise dans laquelle je me trouvais, j’ai porté mon attention successivement sur l’excellence technique, les différents cadres méthodologiques, la professionnalisation des tâches mais également sur les difficultés de communication, les approches et dynamiques du leadership, la pensée complexe et l’être humain dans toute sa richesse. Le coaching est l’approche qui me permet de donner de la cohérence à tous ces éléments et de passer d’une approche théorique à une approche pratique orientée vers la découverte de nouveaux possibles et leur concrétisation.

Rôle de coach

Mon rôle en tant que coach est d’assister les personnes qui en font la demande, et avec qui je sens une alliance possible, dans l’exploration des problématiques qu’elles rencontrent. Pour cela, je suis à la fois attentif au contenu qu’elles apportent, aux processus qui transparaissent dans leur façon de présenter les choses et au sens qu’elles donnent à ce qui leur arrive. Je les accompagne dans la clarification de leur demande en les questionnant sur ce qu’ils veulent vraiment. Je les soutiens et les encourage à identifier les points qui gênent leur progression et à les étudier différemment, en adoptant d’autres approches que celles qui ont produit la difficulté à l’origine. Je m’efforce à la fois de les accompagner dans la découverte et la mise en œuvre de solutions appropriées à leur problématique actuelle, mais également à élargir leur champ de conscience pour leur permettre d’acquérir la capacité de conduire eux-mêmes ces changements plus profonds, les faisant avancer sur le chemin de l’autonomie et de leur pleine réalisation.

Identité de coach

Mon identité de coach est construite de la volonté de partage, de reconnaissance de l’être humain en tant qu’individu ayant intrinsèquement de la valeur et ayant besoin de se reconnecter avec une authenticité mise à mal par la société actuelle pour s’accomplir et mettre en œuvre les progrès qu’il souhaite accomplir. Je suis tantôt juste devant pour attirer l’attention sur quelque chose, tantôt juste derrière pour rassurer et encourager, mais toujours aux côtés de mon client pour l’accompagner dans le voyage qu’il entreprend.

Comprendre ? En avez-vous vraiment besoin ?

« Donc voilà, j’ai ce problème, et j’aimerais mieux le comprendre.
– Tu veux le comprendre ou le résoudre ?
– Je voudrais le comprendre pour pouvoir le résoudre.
– Et si tu pouvais le résoudre sans avoir besoin de le comprendre ?
– Mais, pour pouvoir résoudre un problème, il faut bien le comprendre, non ? »

Comprendre...Pensez-vous qu’il soit nécessaire de comprendre un problème pour y apporter une solution ? Qu’en est il alors des problèmes que l’on n’est pas en mesure de comprendre mais auxquels il faut bien apporter une solution ?

Tout le monde connaît la blague sur cette personne qui suivit une psychanalyse pendant 20 ans et qui expliquait que celle-ci avait marché de la façon suivante : « Je suis toujours aussi malheureux qu’il y a 20 ans, mais aujourd’hui je sais exactement pourquoi. » Et déjà, ça c’est formidable, nous en conviendrons.

Accepter de ne pas tout comprendre

Le coaching fournit une permission puissante, celle de ne pas pas tout comprendre. Que ce soit pour le coach ou son client, la compréhension des mécanismes à l’oeuvre n’est pas toujours nécessaire, et parfois plus encombrante qu’autre chose. En effet, la croyance comme quoi il est nécessaire de comprendre un problème pour pouvoir le résoudre est intimement liée avec le fonctionnement du système éducatif.

Une démarche orientée solution

La capacité de se projeter dans un futur positif dans lequel le problème en question a été résolu et de pouvoir retracer à rebours un ou plusieurs des chemins permettant de concrétiser cette vision dans le présent du client est une des forces de l’approche orientée solution.

En plus de permettre la découverte de ces nouveaux chemins, cette approche a pour autre avantage de mettre le client dans la démarche active d’une action orientée vers le futur et le progrès plutôt que de ressasser un passé et des échecs qui se révèlent limitants.

Et on commence par …

Lâcher prise bien sur et accepter de ne pas tout comprendre. Et vous seriez-vous prêts à renoncer à comprendre ce qui vous bloque pour vous donner une plus grande chance d’atteindre vos objectifs ?

Bonheur : 4 substances chimiques

Il y a quelque jours, j’ai vu passer sur Twitter une photographie montrant un nombre important des participants de la conférence ALE2015 en train de travailler activement, allongés par terre, à expérimenter les phénomènes biologiques régissant le bonheur. En recherchant rapidement sur la toile, je suis tombé sur cette vidéo de Simon Sinek dans laquelle il explique le rôle de plusieurs hormones dans la construction de la sensation de bonheur. Je me propose ici de vous présenter ces substances et d’expliquer leur fonctionnement et leurs effets.

Le bonheur, ça ressemble à ça par exemple : Ocytocine

Le bonheur pour soi

Endorphine

L’endorphine est une hormone dont la libération est déclenchée lors d’une activité physique intense ou par la douleur. Elle procure une sensation de bien-être tout en ayant un effet analgésique, réduisant la perception de la douleur.  Elle constitue pour les vertébrés un moyen efficace de rester actif dans une position de faiblesse, ce qui augmente les chances de survie.

Ses effets permettent également de combattre l’anxiété et la dépression. Le rire et l’orgasme, comme le chocolat noir et l’aromathérapie, déclenchent la production d’endorphine qui contribue à la sensation de bonheur et de plaisir.

Dopamine

La dopamine nous encourage à agir pour nos objectifs, nos désirs et nos besoins, et procure du plaisir lorsque nous y parvenons. Les doutes, la procrastination et le manque d’enthousiasme sont liés à de faibles niveaux de dopamine tout comme le recours à des solutions de facilité entrainant un gain moindre.

Les objectifs macroscopiques peuvent être découpés en objectifs plus petits afin de permettre la libération de dopamine tout au long d’un projet d’envergure plutôt qu’en une seule fois à la fin. Ceci permet de garder plus facilement sur le long terme l’effet bénéfique de la dopamine et d’entretenir l’enthousiasme des débuts. Par ailleurs, il est important de célébrer réellement l’atteinte de chacun de ces objectifs pour rendre effectifs les bénéfices de la sécrétion de dopamine.

Il est également important d’éviter de se retrouver sans objectif après l’atteinte du dernier, en prévoyant les prochaines étapes avant la fin de celles en cours. Si une production continue de dopamine peut permettre d’aller très loin dans l’atteinte de nos objectifs, une gueule de bois de dopamine peut s’avérer fatale pour la motivation personnelle.

La dopamine possède néanmoins un côté obscur. Ces effets se révèlent rapidement addictifs. Ce ne serait pas un problème si l’effet se résumait à l’envie d’atteindre ses buts, mais cette envie peut rapidement se prolonger au détriment de tout le reste : sécurité, vie personnelle, etc. Il en résulte pour les sujets accros à la dopamine une tendance à multiplier les comportements à risque pour maximiser la production de dopamine.

Le bonheur ensemble

Sérotonine

La sérotonine nous procure une sensation de plaisir lorsque nous nous sentons important et reconnu. La solitude et la dépression apparaissent lorsque la sérotonine est au plus bas. La plupart des traitements anti-dépresseurs se focalisent sur la production de sérotonine. Le manque de considération et de reconnaissance peut pousser des personnes à rechercher un environnement au sein duquel elles pourront trouver plus facilement leur place. Ce mécanisme est très présent dans les gangs et le milieu criminel.   

Contrairement à la dopamine et à l’endorphine, la présence de témoin influence la production de la sérotonine. Elle est produite chez la personne qui est reconnue pour ses actes, mais également chez les personnes qui assistent à l’événement qui en est à l’origine. L’impact pour le spectateur et pour l’acteur de cet événement est tel qu’il suffit ensuite à l’un ou l’autre de se remémorer la situation pour bénéficier à nouveau des effets de la sérotonine.

Cet effet de « mémoire » ne se limite par ailleurs pas qu’aux souvenirs véritables, mais également aux situations imaginées de toutes pièces et permet aux personnes qui arrivent à s’identifier avec une image gratifiante de profiter d’une récompense hormonale indue. L’industrie a bien compris ce mécanisme et c’est notamment pour cela que les marques apposent leurs logos à l’extérieur des produits qu’elles vendent, afin de stimuler l’identification et la possibilité de reconnaissance de l’acheteur.

En dehors des situations sociales, une activité physique régulière et l’exposition au soleil permettent d’augmenter naturellement les niveaux de sérotonine dans l’organisme.

Ocytocine

L’ocytocine crée la sensation d’intimité, la confiance, le sentiment de protection et permet de construire des relations saines. Elle est libérée lors de l’orgasme, et par les mères lors de la naissance et de l’allaitement. Son importance est capitale dans la constitution de groupes et elle permet de remplacer des comportements offensifs et individuels par des comportements défensifs et collectifs.

Un moyen simple de faire monter le niveau d’ocytocine est le contact physique. Comme pour la sérotonine, toutes les personnes impliquées dans le contexte de production de l’ocytocine bénéficient de ses effets. Il est possible d’arriver à des niveaux d’ocytocine permettant d’assurer la performance d’une équipe en travaillant sur la confiance, l’authenticité, la sécurité et la vulnérabilité entre ses membres.  Se prendre dans les bras ou se faire des cadeaux sont des moyens à la fois très simples et très efficaces pour augmenter le niveau d’ocytocine.

Cortisol, l’hormone du stress

La production de cortisol est déclenchée par le stress. A l’origine prévue pour permettre aux animaux de réagir en situation de danger imminent, cette hormone nous pousse à fuir ou à combattre, en augmentant nos perceptions et induisant chez l’individu un état d’esprit proche de la « paranoïa » pour accroître sa réceptivité au danger. De nos jours, la « menace » omniprésente sur le plan économique, géopolitique, sociétal et même familial entraine la multiplication des prétextes pour la production de cortisol à tout va. Aujourd’hui, on considère qu’il est normal de couvrir ses arrières pour tout et n’importe quoi, de considérer que la méfiance est la meilleure attitude à avoir a priori envers quelqu’un que l’on ne connait pas, etc. Le niveau de cortisol chez les individus ne diminue plus comme il devrait le faire lorsque la menace s’éloigne.

Le cortisol est une hormone d’urgence, son but est l’action immédiate pour la survie. Par conséquent, tous les mécanismes annexes qui ne contribuent pas directement à l’action sont désactivés pour permettre à l’individu de disposer d’une plus grande quantité d’énergie pour assurer sa survie propre. La pousse des cheveux et des ongles s’interrompt. Le système immunitaire est mis en pause, il y a plus urgent à faire. La production de sérotonine et d’ocytocine est inhibée. Les liens sont brisés, la sécurité du groupe est perdue. Chacun oeuvre alors pour sa survie en ignorant les autres.

Si l’on veut assurer la survie des individus et du groupe à long terme, il est nécessaire de réduire au maximum le niveau de cortisol et ses effets. Dormir suffisamment, méditer, boire du thé noir, passer du temps en bonne compagnie, se relaxer sont autant de solutions efficaces pour chasser le stress et le cortisol, et retrouver un état normal et sain.

Conclusion

Il n’est pas rare de nos jours de voir à quel point notre société est obnubilée par la performance et l’efficacité et déconsidère toute démarche visant à permettre aux gens de se reconnecter avec eux-mêmes et de trouver le bonheur auquel ils sont en droit d’aspirer. Ce que nous venons de voir est un élément qui nous donne pourtant à penser que la recherche de l’un (le bonheur) est un pré-requis nécessaire à la recherche de l’autre (la performance). En inversant la relation entre ces deux éléments, l’économie compétitive actuelle rend inopérant un formidable levier pour la performance : rendre les gens heureux pour les rendre productifs.

Métaphore, sachons les laisser filer

Lorsque nous parlons d’une chose, il est courant que nous employons des mots issus d’autres contextes pour véhiculer certaines des idées que nous associons à notre sujet. Nous pouvons le faire en utilisant une comparaison en explicitant le lien de similarité entre les mots (« X est comme Y ») ou directement en utilisant l’un pour l’autre au moyen d’une métaphore (« X est un Y » ou « X, le Y »).

Iceberg comme metaphore de l'esprit

Qu’est-ce qu’une métaphore ?

Voyons ce que nous dit Wikipedia sur les métaphores :

La métaphore […] est une figure de style fondée sur l’analogie et/ou la substitution. C’est un type particulier d’image sans outil de comparaison qui associe un terme à un autre appartenant à un champ lexical différent afin de traduire une pensée plus riche et plus complexe que celle qu’exprime un vocabulaire descriptif concret.

L’usage de la métaphore s’étend donc de l’association d’idée par analogie, entre le sujet et l’objet que l’on choisit pour le représenter (que j’appellerais ici image), à la substitution complète du sujet par l’image choisie.

Un peu plus loin, je trouve ceci :

Elle est également utilisée par les spécialistes qui veulent à la fois conceptualiser un phénomène et le vulgariser…

Donc une métaphore peut être utilisée à la fois pour représenter un phénomène dans toute sa complexité et pour en simplifier la description à des fins de communication.

La métaphore comme aide à la compréhension

Lors de mes années de prépa, j’ai eu l’occasion de découvrir l’électro-magnétisme et les équations de Maxwell sous un jour nouveau lorsque nous avons abordé la mécanique des fluides. Les équations que je connaissais pour leur application à l’électro-magnétisme étaient celles qui régissaient aussi l’écoulement des fluides. Bien que s’appliquant à des grandeurs physiques sans lien commun, ces phénomènes présentent une analogie qui n’avait pas échappé à Maxwell  :

« Une analogie physique existe telle que la similarité partielle entre les lois d’une science et celles d’une autre fait de chacune d’elle l’illustration de l’autre. » Traduction approximative : pour la version originale l’article est ici.

Cette similarité m’a permis de me servir de ce que je savais déjà pour pouvoir appréhender plus rapidement cette nouvelle discipline et m’en servir à nouveau quelques années plus tard pour ma thèse de doctorat sur les accéléromètres à détection thermique. Electromagnétisme et mécanique des fluides constituent chacun pour l’autre une puissante métaphore.

Quand nous disposons d’une métaphore, lorsque celle-ci est pertinente, ce que nous savons sur l’image permet d’appréhender plus facilement les caractéristiques du sujet de cette métaphore. La similarité peut exister au niveau des attributs (par exemple la ruse pour quelqu’un qu’on qualifie de renard) ou au niveau des comportements (et je ne vous parlerais pas du fameux boute-en-train).

Tant que nous pouvons confirmer les similarités entre le sujet et son image, nous disposons d’un moyen efficace pour évoquer les caractéristiques du sujet, et bien souvent de nouvelles pistes à creuser pour mesurer à quel point le sujet et l’image sont semblables.

Communiquer par métaphore

Utiliser des métaphores est un moyen puissant pour transmettre à son interlocuteur une image complexe et riche. Mais pour que ce mécanisme (attention métaphore) fonctionne, il est nécessaire que les participants disposent d’un référentiel commun qui leur permettent de comprendre quelles caractéristiques sont véhiculées par la métaphore. Comme nous avons eu l’occasion de le voir dans l’article sur les lois de Wiio, tout le monde n’associe pas les mêmes choses aux mêmes sujets.

Un ours, par exemple, est-il :

A – Mignon
B – Bougon
C – Un carnivore capable de décapiter un humain d’un coup de patte ?

Pour être sur de bien se comprendre, il n’est pas inutile d’expliciter la caractéristique que l’on souhaite mettre en avant.

Contamination par une métaphore

Même quand nous pensons savoir précisément de quoi nous parlons, nous sommes susceptibles de nous laisser prendre au jeu de la métaphore à nos dépens. Tout à l’heure, je parlais de la nécessité de vérifier ce sur quoi porte la similarité, mais par économie ou par confort, nous ne prenons pas toujours la peine de le faire, et nous nous exposons à certains abus de métaphore.

Si pour parler d’une entreprise, je dis qu’il s’agit d’une famille, ou une machine, je projette une image que j’ai choisi pour véhiculer des valeurs et une certaine approche sur une chose qui n’en possède peut-être pas les caractéristiques, aussi fort que nous voulions le croire parfois. Quand je demande pourquoi les commerciaux d’une entreprise se tirent dans les pattes à la première occasion et que quelqu’un me répond joyeusement « Parce que c’est la guerre ! », cela m’en dit long sur les proportions que peuvent prendre la projection de certaines images. Et en général je demande « La guerre avec qui ? Qui est l’ennemi ? » car dans toute guerre il y a un ennemi, ne plus savoir qui est l’ennemi est le meilleur moyen de poursuivre le combat contre ceux qui furent nos alliés et qui devraient encore l’être.

Pour revenir sur la conception de l’entreprise comme une machine ou une famille, chacune de ces visions ne constituent pas une représentation fidèle de l’entreprise. Certaines caractéristiques manquantes dans la métaphore peuvent s’avérer essentielles et être rejetées par l’idée de l’adhésion à la métaphore avec par exemple des phrases comme « dans une famille, ça ne se passe pas comme ça ! »

Repenser sa métaphore

Sans en arriver à jeter complètement la métaphore qui nous avait si bien servi jusqu’alors, il peut être nécessaire de se pencher sur les similarités qui existent vraiment entre le sujet et l’image et décider si elle est encore valide ou pas.

Il est possible de modifier ou de préciser simplement la métaphore (finalement, nous ne sommes pas tout à fait une voiture de sport, plus un utilitaire pratique, mais on reste une mécanique bien huilée) ou de changer complètement de point de vue pour mettre en avant d’autres caractéristiques.

Se passer de métaphore

En dernier recours, il est toujours possible de se passer complètement de métaphore. Cela nécessite de décrire précisément tout ce dont nous parlons, dans le détail, mais c’est possible. La patience et le temps dont nous disposons pour communiquer sont les seuls facteurs limitants de cette démarche qui me viennent, mais c’est possible.

Et aux âmes poètes qui ne sauraient s’en passer, et j’en fais parti, je recommanderais de faire usage de métaphore avec sagesse et de s’assurer que ceux à qui elle est destinée sachent l’apprécier pleinement sans l’abuser, pour ce qu’elle est, ni plus ni moins qu’une image.

Communication : Les lois de Wiio

En 1978, le professeur Osmo Antero Wiio énonce ses 7 lois sur la communication. Les lois de Wiio présentent sous forme humoristique une des grandes fatalités de la communication : « La Communication échoue habituellement, sauf en cas d’accident. » Même si il est tentant de les rapprocher des « lois de Murphy », l’esprit dans lequel elles ont été rédigé témoigne moins d’une conscience de l’inévitabilité de l’échec que d’un constat objectif sur la complexité des processus de communication.

Communication emisor

Cet article est librement traduit et adapté par mes soins sur la base de l’article original.

Les lois de Wiio

La plupart des communications sont vouées à l’échec, sauf accident

Cette loi est le constat sur la base duquel s’établissent les autres lois de Wiio qui en sont une spécialisation ou un dérivé.

Malgré leur caractère humoristique, ces lois constituent des observations valides sur toutes les communications humaines. Pour avoir une approche constructive de la communication, il est nécessaire d’admettre leur vérité et de se baser sur elles, plutôt que d’exercer confortablement une communication illusoire.

Peut être n’est ce pas tout à fait ce que le professeur Wiio voulait dire (voir plus loin). Toujours est il que de nombreuses personnes ayant lu ces lois ne les ont considérées que comme une expression de sarcasme.

Ce qui différencie la communication humaine de celle des machines par exemple est la faiblesse avec laquelle nous définissons les symboles que nous utilisons pour échanger. De par leur nature subjective même, ces symboles (ou mots) prêtent à confusion.

Le même mot pourra être associé à des expériences radicalement différentes pour deux personnes, même si pour chacune d’elle le sens en paraitra limpide et indiscutablement objectif. De même lorsque nous utilisons  un mot, nous le faisons dans un contexte précis, avec une signification définie par convention. Si le destinataire n’a pas la même perception du contexte ou une convention différente, nous n’avons pas de moyen de savoir cela.

Un mot pourra être compris également suivant plusieurs niveaux d’abstraction. Lorsque nous parlons d’un ogre, parlons-nous d’une créature de légende, d’une personne réelle qui ressemble physiquement à un ogre ou d’une personne qui a un appétit dévorant, possiblement pour autre chose que de la nourriture ? L’utilisation de métaphores et d’un langage imagé multiplie les possibilités de comprendre des choses différentes.

Les différences de langues et de niveaux de maitrise des différentes langues peuvent être un frein au partage suffisant du référentiel nécessaire pour se comprendre. Le fait que certaines activités fassent intervenir des termes anglo-saxons que ce soit dans l’appellation d’une chose ou dans le détail de sa définition sont de nature à aboutir à des interprétations divergentes.

Les différences culturelles entre individus entrainent également des incompréhensions, basées cette fois-ci sur ce qu’il est par exemple normal d’attendre de telle ou telle personne ou de telle ou telle attitude ou comportement. Plus une audience est diversifiée, plus le risque d’obtenir des réactions différentes de celle que vous attendiez est élevé. La même information objective pourra être perçue par exemple comme une opinion politique détestable, un horrible blasphème ou une adorable poésie.

Si l’on considère tous ces éléments et que pour qu’une communication réussisse il faut qu’elle ne tombe dans aucun de ces pièges, la probabilité de l’échec est bien plus élevée que celle du succès. Si on identifie 20 possibilités d’échouer avec une probabilité d’échec de 10% pour chacune, la probabilité de succès n’est alors que de 12%.

Et le modèle que nous considérons jusqu’ici n’est qu’un modèle simplifié. Les choses sont bien pires si l’on considère en plus les efforts de transcription nécessaire. Pour transmettre une connaissance à quelqu’un d’autre, il nous faut transcrire cette connaissance interne en une forme transmissible, transférer cette forme au destinataire, si possible sans détérioration, et laisser le destinataire en faire la transcription inverse pour se l’approprier en tant que connaissance. Si une traduction est nécessaire (comme ici, où je traduis et adapte de l’anglais une traduction du finnois pour le texte de Wiio), les risques sont encore plus grands de commettre des erreurs.

La corruption d’un message ne dépend donc pas uniquement de sa composition mais aussi de toutes les étapes nécessaires à sa transmission entre les différents participants. Si l’on voulait être parfaitement compréhensible en toutes occasions, il faudrait ajouter au contenu du message initial toutes les informations nécessaires pour reconstituer celui-ci si une détérioration devait avoir lieu. Cependant, le temps dont nous disposons pour concevoir et transmettre un message ne nous permet déjà pas d’y inclure qu’une partie des informations nécessaires à sa compréhension. Un message trop long nuirait à la clarté du propos et serait difficile à exploiter dans un échange (et je m’en rends bien compte en relisant la plupart de mes écrits).

Et il y a au moins un autre problème qui peut entrer en ligne de compte. Le message que l’on cherche à transmettre est en général une réponse à un autre message, la demande. Si la demande est vague ou imprécise, les bonnes intentions du répondant vont probablement le pousser à fournir une réponse couvrant un maximum de terrain pour pouvoir être utile, souvent en tapant à côté.

– Ahhhh! ça marche pas !!!

– Avez-vous essayé d’éteindre et de rallumer votre appareil ?

La probabilité de répondre juste à une question est d’autant plus élevée que la question est la bonne, avec les bonnes informations et le bon niveau de détail.

Si la communication peut échouer, elle échouera

A ce point, il ne fait aucun doute que les obstacles à surmonter sont suffisamment nombreux pour que les chances de succès soient quasi inexistantes. Les statistiques et les probabilités sont contre nous.

Si la communication ne peut pas échouer, elle échouera très probablement aussi

Malgré tous les efforts que nous pouvons déployer pour s’assurer que la communication est réussie, il restera toujours suffisamment d’éléments hors de notre contrôle ou de notre conscience pour que les chances de succès soient encore très faibles.

Si la communication semble avoir été faite avec succès, il y a eu méprise

S’il nous semble que la communication s’est produite avec aisance et succès, il est probable qu’il y a eu méprise. Le destinataire a compris le message à sa façon, généralement celle qui l’arrange et qui ne suscite pas de résistance particulière. Rien n’assure qu’il s’agisse de la signification que vous souhaitiez y mettre. Dommage.

Dans la culture de l’Internet, il y a un adage qui dit qu’à chaque question complexe, il existe une réponse simple, compréhensible, plaisante et tout simplement fausse. Il est souvent plus agréable de recevoir une réponse simple, aussi fausse soit-elle, que de devoir intégrer une réponse complexe. De plus, la plupart des réponses fausses tardent à apparaitre comme telles, et elles ont une fâcheuse tendance pour certaines à sembler fonctionner pendant un temps assez long.

Si vous êtes satisfait de votre message, la communication a certainement échoué

Si la formulation de votre message vous plait, vous pouvez être sûr que vous l’avez formulé à destination de vous-même et pas de vos destinataires. Vous pouvez essayer de reprendre la formulation pour prendre en compte les particularités de votre auditoire.

Si un message peut être interprété de plusieurs façons, il le sera de façon à maximiser les dommages causés

A ce niveau, nous sommes plus proche d’une loi de Murphy, mais elle n’en demeure pas moins valable. En ce qui concerne la gravité, il ne s’agit généralement pas de la pire option que vous aviez envisagé mais d’une encore pire encore que vous n’aviez pas envisagé. Désolé.

Il y a toujours quelqu’un qui sait mieux que vous ce que vous avez voulu dire

Alors qu’il est facile de reconnaitre les gens qui n’ont clairement pas compris ce que vous avez dit, reconnaitre ceux qui pensent avoir compris, abondent dans votre sens et commencent à diffuser leur idée erronée de votre avis est une toute autre paire de manche. Rester attentif aux personnes qui semblent vous avoir compris me parait donc une bonne idée.

Plus nous communiquons, plus la communication empire

D’ordinaire, on considère que plus on communique, plus la communication s’améliore. En réalité, plus la quantité d’informations augmente, plus le risque de se tromper augmente aussi. D’ailleurs, j’ai décidé il y a quelques temps déjà d’arrêter de reformuler sans arrêt spontanément mes propos et questionner les gens sur leur compréhension. Vous avez le droit de me rappeler cette résolution aussi souvent que nécessaire en commentaire ou sur les réseaux sociaux.

Ce qui fait fonctionner correctement la communication, ce n’est pas le volume d’informations mais la qualité de la donnée contenue dans cette information. Une mesure de son efficacité est dans l’analyse du rapport signal sur bruit.

Plus nous communiquons, plus vite les méprises se propagent

La répétition renforce les idées fausses. Répéter une information erronée ne fait qu’augmenter notre propension à la croire vraie, et nous nous retrouvons rapidement à la véhiculer à notre tour. Pour exemple, considérez les annonces de décès de personnalités sur les réseaux sociaux. Si nous voyons l’information une fois, l’erreur nous parait possible. Si nous la voyons plusieurs fois, la probabilité d’en devenir soi-même le relai augmente rapidement. Je salue au passage Martin Bouygues et les gens de l’AFP.

Dans la communication de masse, ce qui importe n’est pas ce qui est mais ce qui semble être

La communication de masse crée un monde à part. La multiplication des analyses sur les événements et les informations y crée une matière propice à la recherche d’intentions ou de messages cachés, voire de théories du complot. Au final, le phénomène généré par l’information initiale occupe souvent bien plus de place que celle-ci et évolue bien plus rapidement. On assiste sur la toile à des guerres ouvertes qui se règlent le temps de changer de fuseau horaire.

L’importance d’une nouvelle est inversement proportionnelle au carré de la distance

Lorsqu’un événement se produit, son importance dépend directement de la distance (physique, communautaire ou affective) que nous percevons avec cet événement. Le décès de quelques passagers français dans un avion privé en Afrique nous parait plus important que le massacre de centaines de personnes dans les mêmes régions ou le décès de centaines de passagers allemands dans les Alpes françaises.

Ce que l’on peut retenir de ces observations c’est que la communication est là aussi fortement impactée par le référentiel propre à chaque personne, et qu’il est donc nécessaire d’en tenir compte.

Plus la situation est importante, plus vous êtes susceptible d’oublier une chose essentielle dont vous aviez conscience jusque là

Cette situation se produit à la fois pour l’émetteur et le destinataire du message. Elle s’applique notamment à toutes les informations qui nous paraissent indispensables pour comprendre le sujet dont il est question et que nous considérons malgré nous comme des pré-requis déjà intégrés ou inférés sur la base du contexte présent. Un émetteur à qui une demande de clarification a été adressée arrive généralement à fournir une reformulation satisfaisante et compréhensible par le destinataire, mais bien après que la présente situation se soit terminée.

Corollaires de Korpela

Si personne ne vous agresse, c’est que votre message n’est pas passé

Le manque de feedback négatif est généralement considéré comme un signe que la communication a été couronnée de succès. Le fait qu’aucun retour négatif n’ait été fait ne peut en aucun cas être considéré comme un témoignage d’adhésion, il peut aussi témoigner d’un désintérêt ou d’une absence d’implication sur le sujet. La demande de clarification ou le feedback négatif, parfois agressif, qu’un émetteur peut recevoir est un signe que son message a atteint sa cible et été au moins partiellement compris, ce qui est un résultat pas si mauvais que ça.

La communication entre humains fonctionne par le dialogue. Les rares fois où une communication uni-directionnelle semble fonctionner (comme une page web ou un livre), c’est en général parce que l’auteur a été impliqué auparavant dans de nombreux dialogues sur le même sujet. Il a pu enrichir son point de vue de celui des autres personnes qui ont pris une part active dans ces dialogues et lui permettre de formuler un message efficace et porteur de sens pour les personnes composant son audience.

Le feedback n’est pas juste une façon de donner son avis sur un effort ou le produit de cet effort pour témoigner son appréciation, mais c’est aussi une bonne façon de savoir quel message nous avons pu transmettre.

Je ne sais ce que j’ai dit que lorsque l’on m’a répondu.

La valeur du feedback n’est plus à démontrer, même le feedback formulé de façon agressive. Les chances sont mêmes élevées qu’un contenu de qualité suscite un feedback plus agressif que les autres, par envie ou autre.

Si vous n’avez aucun feedback, c’est que votre message n’a intéressé personne ou presque.

Conclusion

Loin de donner une vision pessimiste de la communication et des difficultés inhérentes au processus, ces lois et corollaires nous permettent d’envisager les choses sous un nouveau jour. Si nous ne pouvons communiquer avec succès, nous pouvons néanmoins travailler à augmenter la probabilité d’un succès accidentel en prêtant une attention toute particulière aux problèmes discutés ici.

Procrastination : éviter l’inévitable

Comme le rythme de publication sur ce blog aura pu vous le laisser deviner, j’ai un soucis de procrastination. Ce n’est pas le fait de trouver des sujets qui pose problème. La liste de mes articles en brouillon s’allonge régulièrement, et j’ai déjà du faire deux sessions de nettoyage ces six derniers mois pour décider quels articles n’allaient finalement pas être écrits. Alors qu’est-ce qu’il se passe ?

Combattre la procrastination
S’encourager pour combattre la procrastination

Finir de commencer, commencer à finir

Si on regarde le nombre d’initiatives dans lesquelles je me suis lancées et engagées, le problème n’est pas de commencer. En fait, il est possible que je commence trop de choses différentes, me satisfaisant d’une approche superficielle pour la plupart d’entre elles. La difficulté est de poursuivre et d’arriver au bout de la démarche et d’y trouver un terme et une résolution satisfaisante. C’est un travers suffisamment courant pour que de nombreuses méthodes de développement et de gestion de projets aient érigé en principe l’expression « Stop starting, start finishing ». Pour exemple, je donnerais cette présentation par Henrik Kniberg.

Procrastiner, voie de la moindre peine

La procrastination est l’expression d’une tendance naturelle à éviter la souffrance. Cela se manifeste par la réticence que nous avons à nous attaquer à un sujet dont nous anticipons la difficulté ou l’effort nécessaire, ou plus subtilement par notre propension à choisir de nous consacrer à d’autres sujets qui requièrent également notre attention, mais nécessitent moins de peine pour être réglés. Si dans sa première manifestation, il est courant d’en arriver à culpabiliser sur notre attitude, dans le second cas cela n’est pas aussi clair et nous pouvons même éprouver une certaine fierté pour notre capacité à déployer des quantités phénoménales d’énergie sur des sujets qui n’ont souvent que peu d’intérêt.

Garder le focus

A chaque interruption que nous nous infligeons pour traiter un sujet plus urgent, nous perdons le niveau de concentration que nous avions pu atteindre jusque là et rajoutons l’effort d’y revenir lorsque nous y reviendrons à l’effort global. La somme de travail (ou de souffrance) que nécessite une tâche sera toujours la même qu’au départ et à moins de pouvoir y échapper définitivement, l’effort qu’elle nécessite est inévitable.

Ma recette anti-procrastination en 2 points

Alors comment faire pour garder le focus et enfin terminer ?

La première chose que je proposerais est de regarder les demandes que nous recevons en considérant honnêtement leur urgence réelle et leur importance. La seconde est d’apprendre à reconnaitre l’impulsion d’arrêter ce que nous faisons pour faire plus urgent et de s’habituer à faire la chose la plus simple et la plus efficace pour ne pas y céder : ne rien faire et laisser passer. Certaines disciplines comme la méditation de pleine conscience permettent d’augmenter notre niveau de conscience par rapport à ces réactions.

Eh oui, la meilleure solution contre la procrastination involontaire est la procrastination raisonnée.

Développement personnel : au delà du cliché

Le développement personnel est à l’individu ce que le leadership est à l’organisation. S’il est indispensable pour en assurer la réalisation et la croissance harmonieuse, peu de personnes sont naturellement dotées des compétences nécessaires pour en tirer profit. Je vous propose aujourd’hui de voir quels sont les champs d’applications envisageables.
chemins 

Développement personnel pour vivre mieux

La culture de la performance qui imprègne une grande partie de notre société nous enjoint à privilégier le domaine professionnel sur la sphère privée ou personnelle. Il est aisé dans ce contexte de perdre de vue notre identité propre pour se conformer aux attentes des milieux qui constituent notre environnement : professionnel, familial, sociétal, couple. Hiérarchiser ces priorités nous pousse à remettre sans arrêt à plus tard ce qui participe de notre équilibre personnel, parfois jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Lorsque nous dépassons cette limite d’intégrité, nous nous retrouvons désemparés, en proie à une fatigue et une lassitude extrême (voire un burnout ou une dépression). Les attitudes et comportements que nous avions jusqu’à présent ne suffisent plus à faire face à la situation qui continue de se détériorer.

Il est alors grand temps de faire le point sur ses réalisations, de regarder avec clarté ce dans quoi nous nous sommes investis et de mesurer le poids de ce que nous avons pu accomplir au regard des efforts que nous y avons consacré. Faisant aussi le point sur ce que nous avons volontairement laissé de côté, ce qui s’est perdu, ce qui s’est déprécié faute d’attention. Ce bilan nous amène à nous interroger sur ce que nous voulons vraiment et ce que nous sommes prêts à accepter de changer en nous, pour en tirer les leçons et se sentir plus en accord avec notre identité véritable et intégrée. En reprenant contact avec cet aspect de nous-même, nous retrouvons la capacité à créer de nouveaux comportements nous permettant de faire face aux prochaines étapes de notre vie.

Du développement personnel à l’accomplissement personnel

Loin de se limiter à une intervention de réparation, parfois impossible quand la situation est devenue par trop pathologique, le développement personnel peut également se concevoir dans une optique de progression personnelle.

Abraham Maslow, au travers de ses travaux sur la psychologie humaniste, s’est intéressé aux besoins de l’homme et leur hiérarchie. Au sommet de sa célèbre pyramide, on y découvre le besoin pour chaque individu de se réaliser au travers de ses compétences et aptitudes potentielles.
Auto-actualisation et développement personnel

« Ce qu’un homme peut être, il doit l’être. On peut appeler ce besoin auto-actualisation. » – A. Maslow

Le développement personnel peut permettre d’identifier les compétences et aptitudes présentes chez l’individu et qui sont encore inexploitées pour lui permettre de les intégrer dans sa conception de lui-même. Enrichi de ces nouvelles pistes de développement, l’individu se rapproche progressivement de son identité intégrée et devient capable de développer de nouveaux comportements qui lui permettent de faire face à de nouvelles situations, dans un meilleur respect de l’équilibre de ses valeurs personnelles.

Plus de variété, pour plus de bonheur et de bien-être

Un des mécanismes clés du développement personnel est de permettre à l’individu de développer de nouveaux comportements, pour suppléer les anciens comportements qui ne fonctionnent pas (ou plus) dans le nouveau contexte.

« Faites quelque chose et, si ça ne réussit pas, essayez autre chose. » – Franklin D. Roosevelt

Trouver ce qui limite la création de nouveaux comportements et comment dépasser ces limitations est le véritable enjeu du développement personnel. Nous avons tous au cours de notre histoire intégré des modes de pensées, des croyances et des histoires qui ont servi de terreaux pour construire nos propres comportements et attitudes. La conception que nous avons des autres et de ce qui conduit leurs comportements est un exemple de ces croyances limitantes (par exemple les théories X et Y de Douglas McGregor) . Remplacer un ensemble de croyances limitantes par des croyances libérantes, permet de changer notre vision des choses et de prendre conscience de notre vraie potentiel et d’aborder sereinement et en confiance le monde.

Et vous, quelles sont les croyances limitantes dont vous avez pris conscience et dont vous vous êtes libérés ? Quels sont celles qui ont pris leur place ?

Tension : La tension créative

Dans les précédents articles, nous avons vu quelles difficultés pouvaient nuire à l’expression d’une tension causée par l’écart perçu entre une situation souhaitée et une situation réelle, et comment il était possible de travailler à réduire cet écart. Dans cet article, nous allons essayer de voir comment une tension créative peut être tenue sur le long terme et ce qui peut en ressortir.

Pourquoi tenir une tension ?

De prime abord, cela peut sembler curieux de vouloir être en mesure de tenir une tension, mais il n’est pas toujours possible de la traiter comme vu dans l’article précédent. Lorsque le but à atteindre semble trop lointain ou trop grand pour pouvoir espérer le voir réalisé, que cela soit vrai ou non, et que notre incapacité à nous défaire de cette vision nous empêche d’y renoncer, il ne nous reste qu’à tenir le temps que les choses changent. Ou bien nous pouvons décider d’utiliser cette tension pour en faire une tension créative, et devenir acteur du changement nécessaire.

Canaliser l’énergie

Tenir une tension est une activité qui peut être la source de beaucoup d’énergie. Il peut être aisé de se laisser submergé par cette énergie et la laisser s’exprimer via nos émotions, nos attitudes et nos réactions, contre nos proches et notre environnement. Ces expressions de frustration, quand elles ne sont pas correctement décryptées, peuvent être perçues comme une forme de rebellion sans structure contre la situation présente. Il arrive bien trop souvent qu’une expression maladroite visant à exposer la source d’un problème devienne un problème plus urgent (et plus facile) à traiter que le vrai problème sous-jacent.

Il est donc nécessaire d’arriver à sentir cette impulsion et à la reconnaitre comme telle, pour en contrôler l’expression de façon à l’adapter à son environnement. La connaissance de son environnement et la juste perception du niveau de confiance entre les individus aide à trouver le juste niveau d’énergie pour exprimer correctement l’urgence du changement en restant dans une démarche et une attitude constructive.

Préparer et visualiser notre progression

Une fois clairement assumée cette énergie, avec le bon niveau d’expression pour notre environnement, il ne nous reste qu’à définir notre trajectoire en fixant notre objectif et identifier les premiers petits pas qui nous permettront d’acquérir la certitude que nous avançons dans la bonne direction (cf. Envisager le futur).

Savoir faire d’une grande idée ou d’une grande aspiration quelque chose de réel nécessite de pouvoir accepter de ne voir sa vision n’être réalisée que partiellement dans un premier temps, et encore longtemps après cela. C’est en cela qu’une visualisation régulière de notre progression nous permet d’accumuler les petites victoires qui nous permettront de tenir bon sur la distance. Il est aussi possible, et fort probable, que, dans notre entreprise, nous essuyons des revers qui peuvent nous sembler nous obliger à faire machine arrière, en perdant du temps. Mais ces évènements négatifs ne sont que des contretemps, et si nous avons à coeur d’apprendre de nos échecs, nous en ressortirons plus sages et plus surs de la voie à prendre.

Visualiser les impacts de notre tension

Comme toute épreuve de longue haleine, tenir sur la longueur une tension créative de changement nécessite une conscience accrue de nos ressources et de l’effort que nous y mettons. Une des conditions pour voir ses aspirations se réaliser et pouvoir en profiter, et d’être encore là et en pleine possession de nos moyens. Savoir quand nous en faisons trop pour atteindre nos buts ou quand ceux-ci nous font passer à côté du reste de notre vie et des autres choses que nous avons à accomplir est nécessaire. Et à chaque fois que c’est nécessaire, il faut savoir se retirer, au moins temporairement, d’une situation que l’on prend trop à coeur le temps de calmer le jeu ou de refaire ses réserves.

Un pont vers le futur

En ce qui me concerne, je sais qu’il y a certaines de mes aspirations pour ce monde que je ne verrais pas s’accomplir de mon vivant, mais les premiers pas que je pourrais faire entre-temps seront ma contribution.

Et vous, quelles sont les aspirations ou les projets qui vous portent sur le long terme ?

Tension : Comment les adresser

Les tensions que nous ressentons tous nous encouragent à trouver une solution ou une résolution pour revenir à une situation stable. De quelles options disposons-nous pour faire disparaitre une tension ? Que se passe-t’il lorsque nous décidons de ne pas céder à l’urgence de la recherche d’une solution ? Que pouvons-nous puiser dans une tension non-résolue ?

Dans le précédent article, nous nous sommes penchés sur la difficulté d’exprimer une tension dans un contexte qui peut voir d’un mauvais oeil les mauvaises nouvelles, confondant le messager avec l’origine du problème et faisant disparaitre parfois l’un à la place de l’autre. Ou du moins c’est ainsi que le système est perçu. Nous allons à présent voir quels options se posent à nous lorsque une tension se fait jour.

Faire disparaître la tension

Généralement, une tension nait de l’écart sensible perçu entre la situation actuelle et la situation souhaitée. Résoudre la tension revient donc logiquement à réduire cet écart perçu, jusqu’à le faire disparaitre. Et cela peut s’envisager de plusieurs façons:

  • Changer la situation actuelle pour la faire se rapprocher de la situation souhaitée ;
  • Revoir ses attentes à la baisse et viser une situation plus proche de la situation actuelle ;
  • Un savant mélange entre ses deux stratégies.

D’un côté, si l’on envisage de faire changer la situation actuelle, il est nécessaire d’identifier et évaluer les changements nécessaires et de s’interroger sur leur faisabilité. Les différentes options pour atteindre la situation désirée peuvent nécessiter des ressources et des compétences différentes, et toutes les solutions ne se valant pas toujours, choisir son plan d’action est capital.

D’un autre côté, l’ampleur de la tâche ou des ressources nécessaires pour produire un changement peut être trop importante pour être envisageable dans un avenir proche sur un mode interventionniste. Dans ce cas, le choix se résume à opter pour une transformation longue et patiente au cours de laquelle il faudra réussir à « tenir » la tension, ce qui constituera le sujet d’un prochain article, ou revoir ses exigences à la baisse en renonçant à tout ou partie des objectifs que nous nous étions fixés en envisageant la situation souhaitée.  Ce renoncement peut être difficile mais il peut n’être aussi que temporaire, par exemple dans l’attente d’un contexte plus favorable au changement. Se fixer un niveau d’exigence plus raisonnable peut aussi servir à construire la base du contexte qui nous permettra d’envisager de façon plus saine la prochaine étape de la transformation. Cela nécessite d’accepter de faire des concessions, mais celles-ci peuvent s’avérer payantes si elles permettent d’atteindre à moyen ou long terme les objectifs que nous avions en vue dès le départ. La tension résiduelle est souvent plus facile à tenir que celle d’origine, tant qu’on garde nos objectifs en point de mire.

Et vous, comment vivez-vous vos renoncements ? Qu’êtes-vous réellement prêts à mettre en oeuvre pour faire de votre vision une réalité ?

 

Tension

Il n’est pas rare dans nos différents domaines de vie de percevoir et ressentir des tensions, qu’elles soient l’expression d’un différent entre personnes, ou la perception d’un écart sensible entre ce qui est et ce qui pourrait être. Devant cette situation où nous sentons que les choses ne sont pas aussi biens que ce qu’elles pourraient l’être, nous pouvons réagir de différentes façons.

Là, ça va être tendu…

Le mot « tension » désigne l’état de ce qui est tendu, sur lequel s’exerce simultanément deux tractions dans des directions opposées. Les connotations associées à ce mot sont celles de tiraillement, d’inefficacité, de manque de souplesse, d’inconfort et de rupture prochaine à prévoir.

Parler de « tension » dans un cadre professionnel ou personnel est parfois difficile. Expliciter l’écart qu’il peut exister entre la situation souhaitée et celle qui est réellement en place implique souvent de remettre en perspective ce que les autres ont accomplis ou mis en place et peut déboucher sur des conflits lorsque ce constat nécessite de demander des comptes aux uns et aux autres, mais aussi à soi-même. Derrière un prétexte de préserver des relations « acceptables », conformes au status quo, l’évitement systématique de certains sujets peut aboutir sur des conflits larvés qui trouveront une expression plus insidieuse, une tension non-résolue trouvant toujours le moyen de s’exprimer autrement et avec davantage de dégâts. Une démarche plus saine consiste à accepter de voir la tension pour ce qu’elle est et de crever l’abcès au plus tôt, actant le besoin de faire quelque chose.

Et vous, comment réagissez-vous à une tension ?