Aventures dans le Temps et l’Espace

Voyagez dans le temps et l'espace - Sans Tardis ?
Voyagez dans le temps et l’espace – Sans Tardis ?

Spoilers : Un résumé est disponible en fin d’article.

« Docteur ! Je ne sais pas quoi faire ! »

Un bruit métallique retentit qui ne laissait aucun doute sur l’effet de surprise que cette déclaration fracassante avait produit sur le Docteur affairé sous la console et qui se croyait seul dans le poste de commande du Tardis et sur la taille de la bosse qui allait bientôt orner son front.

« Eh bien, je pense que vous pouvez commencer par aller me chercher une poche de glace à l’infirmerie. La dernière fois que je l’ai vue, elle se trouvait juste après le solarium, derrière la troisième bibliothèque, celle avec les livres qui mordent. »

Quelques minutes plus tard, le Docteur et son compagnon s’installèrent à la terrasse du café qui jouxtait la ruelle au fond de laquelle le Tardis en panne s’était installé avant eux. Un silence profond s’était installé entre eux, tandis qu’ils s’appliquaient, respectivement, la poche de glace sur le front et à choisir les bons mots pour expliquer ce qui l’avait amené à faire appel au Docteur.

« Alors, où en étions-nous ?
– Docteur, je ne sais pas quoi faire…
– J’imagine qu’il ne s’agit pas seulement de vous trouver une occupation…
– Non, en effet. Ce que je veux dire c’est que je ne sais pas par où commencer. Il y a trop d’options qui s’ouvrent à moi et je ne suis pas sûr de savoir où chacune abouti ou même si elle peut aboutir.
– Certains vous conseilleraient de commencer par le début, mais je trouve plus intéressant ou original de commencer par la fin. Où voulez-vous aller ? »

Le Docteur observait son compagnon dont le regard semblait absorbé par le contenu de sa tasse…

« En fait, je voudrais savoir comment comment cela va finir. Si vous pouviez me transporter dans le futur, je pourrais savoir une bonne fois pour toute ce que l’avenir me réserve et cesser d’hésiter.
– Hum… Ce n’est pas tout à fait ainsi que cela fonctionne. Pour vous aider à comprendre, je dirais que c’est une question d’échelle. Les lignes temporelles sont comme les sentiers qui peuvent sillonner une forêt. Certaines d’entre elles se recoupent et se rejoignent, bifurquent et se rejoignent à nouveau de sorte qu’il est possible d’arriver au même endroit par des chemins multiples, et, du trajet, il ne reste que le souvenir que nous en gardons. Et la mémoire est une chose fragile et sujette aux altérations et aux rationalisations a posteriori. Pour des événements à petite échelle, il n’y a qu’une poignée de destinations qui nécessitent de suivre un chemin bien précis, la plupart des destinations pouvant être atteintes par des voies très différentes.
– Que vient faire là la notion d’échelle ?
– Ah oui, ça me paraissait évident…  Disons que vos choix et trajectoire sont insignifiants au regard d’un mouvement d’ensemble.
– Je peux vivre avec ça.
– Vous en avez toujours le choix.
– OK, donc il existe dans mon futur plusieurs versions de ce qui m’attend en fonction de mes choix et j’imagine aussi des choix des autres. Certains sont atteignables par de nombreux chemins et d’autres correspondent à des trajectoires très spécifiques ?
– Oui, c’est une façon de le dire. Le nombre de possibilités à votre disposition est considérable, mais vous n’avez pas à en visualiser 14 millions différentes pour en trouver une satisfaisante. Choisissez-en une parmi celles qui vous semblent réalisables. Celle que vous préférez tant qu’à faire…
– Et vous allez m’emmener là-bas avec votre machine ?
– Eh bien pas exactement… Nous allons devoir faire sans le Tardis pour un petit moment…
– Comment allons-nous procéder alors ?
– Quand on y songe attentivement, en même sans y songer, l’effet sur notre cerveau de ce que nous vivons n’est pas très différent de l’effet obtenu quand nous nous l’imaginons. Il est même possible de créer, avec un peu d’imagination, des expériences fictives aussi riches sensoriellement que des expériences réelles, voire même plus, n’étant plus limité à ce que nos sens nous permettent de percevoir mais seulement par ce que nous sommes capables de nous représenter.
– …
– Et là je vous que je vous ai perdu… à moins que vous ne vous soyez perdu vous-même…
– Peut-être… mais, concrètement, comment procédons-nous ? »

Le Docteur pris quelques secondes pour organiser ses pensées avant d’entrainer son compagnon par le bras à l’entrée de l’allée.

« Tout d’abord, choisissez la situation à atteindre. Vous l’avez ?
– Oui.
– Très bien. Devant nous se trouve la ligne du temps qui mène à ce futur désirable. Je te propose de la matérialiser dans cette allée. La situation que tu souhaites atteindre correspond à 2 pas avant la porte de la cabine. Là où nous sommes se trouve l’instant présent.
– Euh OK…
– A présent, nous allons nous transporter jusqu’à la situation souhaitée, dans le corps de la personne que vous serez à ce moment-là. Voilà.
– J’ai l’impression de jouer à la marelle avec mon cerveau.
– Il y a un peu de cela. De cette position, construisez une représentation aussi détaillée que possible de la situation. Que voyez-vous autour de vous ? Qu’entendez-vous ? Que ressentez-vous au contact de cet environnement désiré ? Que voyez-vous les gens faire dans cet environnement ? Que disent-ils ? Que ressentent-ils ? »

Le Docteur accueille les descriptions avec curiosité en relançant en demandant « Quoi d’autre ? » jusqu’à ce que la description soit la plus complète possible.

« Je voudrais que vous preniez un moment pour identifier la façon dont tous les éléments que vous venez de décrire influent sur la personne que vous allez devenir et quel lien il a avec elle… Non, mieux, vous allez lui demander jusqu’à le ressentir complètement comme si vous étiez déjà lui !
– Comment ?
– Vous êtes le vous du présent et moi le vous du futur. Avec ce que vous m’avez décrit, je peux me mettre dans le personnage. » La posture physique du Docteur change pour s’aligner sur celle décrite précédemment. « Voilà je suis votre futur vous. Je vous écoute. Posez toutes les questions, j’en prends note.
– Alors… Comment vis tu cette situation ? » Les questions se succèdent alors. « … et je crois que c’est tout ce qui me vient…
– Parfait ! On échange les places !
– Déjà ?
– Oui, c’est vous qui avez les réponses. Enfin votre futur vous. C’est à lui de répondre. » Le Docteur change de place avec son compagnon, modifiant à nouveau sa posture, plus subtilement, pour adopter celle du visiteur du présent, avant de poser la première question de la série.  » Alors ! Comment vis tu cette situation ? …
– J’ai d’autres questions. On peut intervertir plus vite ?
– Oui, allons-y ! »

A présent, questions et réponses se succèdent au rythme de l’échange des places, les postures physiques venant naturellement.

« OK, c’est bon. Je le ressens bien. Quelle est la suite ?
– Nous allons à présent faire le chemin inverse. A rebours dans le temps. De quelques pas pour commencer. Restez dans le vous du futur. Quels sont les dernières choses que vous avez faites pour réaliser votre situation idéale ? »

Etape après étape, le Docteur chemine avec son compagnon jusqu’à l’instant présent, traçant le parcours qui a permis d’atteindre dans le futur la situation désirée.

« Vous êtes toujours le Vous du Futur et à présent, je suis le Vous du Passé. Racontez-moi le parcours qui m’attend jusqu’à notre situation désirée. »

Une dernière permutation de places permet au Docteur de restituer le récit de ses accomplissements futurs à son compagnon, qui semble les découvrir malgré le fait de les avoir formulés lui-même quelques instants auparavant.

Un silence s’installe quelques instants entre les deux protagonistes avant que le compagnon du Docteur s’exclame : « C’est bon ! Je sais comment faire ! Merci Docteur ! »

Une fois son compagnon partit, la bosse sur son front rappelle le Docteur à ce qu’il était en train de faire avant d’être interrompu. Cette console ne se réparera pas toute seule. Enfin pas cette fois-ci.


Résumé

Le récit qui précède est la fictionalisation d’un atelier de coaching inspiré par la Programmation Neuro-Linguistique. Il peut être déroulé conjointement par un coach et son client, ou par le client seul à partir du moment où il y est familiarisé. La verbalisation des échanges est essentielle, y compris lorsque le client réalise l’atelier seul.

Pour résumer :

  • Matérialiser une représentation spatiale de la ligne temporelle sur laquelle vous allez travailler avec des repères de progression visibles (carrelages, chaises, décorations, notes collantes, etc.)
  • Déterminer le Point du Présent, celui du visiteur du passé (VP), et le Point de la situation désirée, celui du visiteur du futur (VF).
  • Se déplacer au point de la situation désirée et l’énoncer.
  • Détailler autant que possible la situation désirée en utilisant les 5 sens et les ressentis du VF et de son entourage.
  • Dans le rôle du VP, questionner le VF sur son rapport à ce qu’il voit autour de lui. Répondre en se mettant dans le rôle du VP de façon à acquérir une représentation la plus complète possible du VF. (Cette représentation peut faire l’objet d’un ancrage pour pouvoir la rappeler plus facilement par la suite.)
  • Remonter progressivement la ligne temporelle en demandant au VF de détailler les dernières actions qui ont permis d’arriver au point actuel de la ligne temporelle.
  • Une fois arrivé au Point du Présent, le VF fait un récit complet des éléments collectés en chemin au VP, à présent dans son époque propre.
  • Renouveler le récit avec le client dans le rôle du VP pour qu’il entende encore une fois le récit fait par son lui du futur.

Tout au long de l’atelier, n’hésitez pas à vérifier que c’est OK pour le client de continuer. Les changements de rôles peuvent nécessiter un petit temps d’adaptation dans un premier temps mais la matérialisation physique des rôles sur la ligne de temps facilite souvent les choses.

Outils de Brainstorming : Artefacts

Dans notre mission d’apprendre, enseigner et faciliter, les défis que nous rencontrons nous amènent souvent à manipuler des idées et des concepts de plus en plus complexes avec lesquels nous avons de plus en plus de mal à interagir. Pour nous aider à cela, nous pouvons faire ajouter à nos outils de brainstorming des objets « magiques » aux capacités quasi-illimitées : les Artefacts.

Quels outils de brainstorming pouvons-nous considérer ?

Que sont les artefacts en tant qu’outils de brainstorming ?

Lorsque nous regardons la définition académique d’un artefact, nous voyons qu’il s’agit d’un objet fabriqué par l’homme et retrouvé lors de fouilles archéologiques. Les artefacts dont nous allons parler sont des objets fabriqués par l’homme et utilisés pour construire une métaphore.

De l’importance de la métaphore en brainstorming

Lorsque nous réfléchissons à un sujet, notamment au cours d’une réunion, nous utilisons généralement les mots et la parole pour échanger sur les concepts que nous manipulons. Ce dont nous parlons ne se trouve généralement pas dans la pièce, et nous en parlons donc de façon plus ou moins abstraite. Cependant, dès que nous arrivons à un niveau de complexité suffisant, il nous devient difficile de garder à l’esprit la totalité des points que nous avons besoin d’aborder sans en garder une trace pour s’y référer, par exemple en prenant des notes ou en dessinant schémas et croquis. Cette transcription nous permet de pouvoir mieux appréhender un volume important d’informations et de garder une bonne vision d’ensemble du sujet. Ces premières notes et dessins nous permettent de construire devant nous une représentation symbolique du sujet que nous discutons, une première métaphore que nous pouvons utiliser pour nous-mêmes et pour continuer à discuter avec les autres.

Lorsque nous comparons les notes prises par différentes personnes dans une même réunion, il n’est pas rare de constater des différences entre les éléments notés, ou même une différence importante entre les informations reçues par les différents participants, au point qu’il est parfois possible de penser que ces personnes n’ont pas assisté à la même réunion tant les visions différent. Il peut alors être intéressant de permettre la mise en commun des perceptions du sujet et de faciliter la construction d’une métaphore collective permettant d’améliorer la qualité des échanges et le partage d’une vision commune. Pour cela, il nous faut avoir recours à d’autres artefacts que les notes et dessins individuels.

Caractéristique d’un bon artefact

Pour qu’un artefact soit efficace, il faut qu’il présente un certain nombre de caractéristiques. La plus importante selon moi est qu’il soit facile à utiliser, comme tout les outils de brainstorming. Un artefact demandant une compétence particulière, même basique, pour être utilisé risque d’empêcher la contribution des participants les moins à l’aise et la confiscation de la discussion par ceux qui sont les plus doués dans cet exercice. Un artefact ne demandant pas de compétence particulière, et présentant un faible niveau de technologie est un bon artefact.

Un bon artefact doit pouvoir être créé, manipulé, modifié, jeté, montré aux autres participants. Il ne faut pas que ses caractéristiques physiques soient une entrave à son utilisation. Tout ralentissement lié à l’utilisation d’un artefact peut être une opportunité d’idée ou de critique perdue.

Si un artefact renferme plusieurs idées, nous risquons de perdre une idée valable en écartant une idée rejetée. Nous risquons également d’empêcher le rapprochement de deux idées connexes pour conserver un autre rapprochement. Même si elle n’est pas forcément écologique, l’attitude « une idée, un artefact » permet de garder l’indépendance de nos actions.

Nous venons d’en parler, un artefact doit pouvoir être déplacé, rapproché d’un autre, regroupé avec d’autres. Lorsque nous créons une métaphore, comme dans n’importe quel processus créatif, nous avons besoin de pouvoir bénéficier d’une forme de fluidité dans nos actions pour bénéficier de la puissance créatrice du chaos.

Quelques exemples d’outils de brainstorming

Paperboard et murs

Le Paperboard, support incontournable pour les outils de brainstorming

Le paperboard, bien que n’étant pas un artefact, trouve sa place parmi les outils de brainstorming et constitue un bon point de départ, déjà parce qu’il permet de disposer d’une surface déplaçable, effaçable (tant qu’on ne se trompe pas de marqueurs), et d’une source de grandes feuilles de papier permettant de s’ouvrir à un très large éventail d’utilisations.

Les murs d’une pièce peuvent également constituer un support pour la métaphore et ont l’extrême avantage de permettre à un nombre important de personnes d’interagir sur une surface moins réduite qu’un paperboard. Si l’on a besoin (ou l’envie) de dessiner sur un mur, on peut très bien coller temporairement de grandes feuilles de papier dessus (et prendre garde à ne pas dépasser). Il est même possible d’enregistrer un exposé ou un atelier d’une conférence sous la forme d’un énorme dessin reprenant les éléments clés de l’événement pour les agencer et mettre en évidence le déroulement et les interactions entre les idées présentées : le scribing ou la facilitation graphique.

Feutres de couleur

Outils de brainstorming en couleur avec feutres et marqueurs

Autre outil indispensable à l’usage de paperboard et du scribing, les feutres de couleurs permettent de laisser une trace, de dessiner, de voter (dot voting), ou peuvent constituer des éléments de décor, de repères. J’en fais régulièrement usage en sprint planning (Scrum) pour permettre à l’équipe de représenter la limite dans la séquence de stories proposées pour le sprint au delà de laquelle l’équipe estime illusoire de s’engager. Considérant la séquence de stories, les développeurs déplacent le feutre le long de la séquence à l’endroit qui leur semble judicieux.

Post-its

Le post-it indispensable des outils de brainstorming

N’oublions pas l’indispensable des outils de brainstorming, j’ai nommé la note repositionnable ou Post-it (registered 3M). Ces morceaux de papier existent en de nombreuses couleurs, de nombreux formats et permettent de disposer d’un support présentant toutes les caractéristiques d’un bon artefact. On peut l’utiliser pour noter des idées (une par post-it), des actions, des taches ou toute information que l’on souhaite pouvoir visualiser et manipuler.

Fiches bristol

Des fiches bristols peuvent servir d'outils de brainstorming

Tout comme les post-its, les fiches bristol constituent de bons outils de brainstorming. Elles permettent de consigner sur un même support un volume plus important de données structurées (les petits carreaux aidant) sur une surface finie. Si on veut garder des fiches lisibles, le volume d’information ne doit pas non plus excéder une certaine limite. Le format 75×125 permet de disposer d’une surface exploitable suffisante pour noter les informations importantes d’une user story par exemple et permet d’inciter au découpage de story dès qu’on ressent le besoin de noter plus de choses que ce que le support permet. Cette limite n’est pas présente si on rédige des user stories dans un classeur Excel dont on peut redimensionner les cases (ce que je déconseille fortement).

Briques LEGO

Utiliser des Legos comme outils de brainstorming

Les briques de plastique sont selon moi un must de la facilitation. Elles sont faciles à se procurer, résistantes et lavables (on ne sait jamais ce qui peut se passer en réunion). Avec juste une poignée de briques, le nombre de possibilités d’assemblage est déjà énorme. Cela en fait donc un élément de modélisation parfait pour construire des artefacts variés, et disposer d’une métaphore riche, visuelle et manipulable concrètement. Une autre des vertus de la brique LEGO est de porter les participants de la réflexion vers l’action, le cheminement de la pensée se faisant alors plus naturellement et progressivement tandis que les mains manipulent et assemblent les briques. La combinaison « mains+cerveau » est beaucoup plus efficace et performante que le cerveau seul. Les modèles ainsi créé physiquement permettent au cerveau de faire de la place mentalement pour poursuivre la démarche.

Il y a quelques années, l’entreprise LEGO elle-même a compris la puissance de ses briques alors qu’elle rencontrait d’importantes difficultés financières. LEGO a ainsi créé une méthode de résolution dynamiquede problèmes utilisant ses propres briques comme outils de brainstorming qu’elle s’est appliquée d’abord à elle-même : LEGO Serious Play. La méthode est aujourd’hui diffusée via des praticiens certifiés et il est possible d’y avoir recours pour définir par exemple le développement stratégique d’une entreprise aux travers d’ateliers usant abondamment de métaphores. Et en plus c’est sympa à regarder.

Autres outils de brainstorming

De nombreux autres objets de la vie courante peuvent être utilisés pour servir d’artefacts, alimenter la métaphore (dés, chaises, tables, gommettes de couleur, pailles,…) et permettre de concevoir des solutions innovantes face à des problèmes concrets. Comme un agent secret est capable de faire de n’importe quel objet une arme, même un donut, les objets qui nous entourent sont autant d’outils de brainstorming (artefacts et supports) que nous pouvons mettre à contribution pour créer, structurer et partager une métaphore satisfaisante pour pouvoir projeter nos processus de réflexion pour parvenir à trouver des solutions aux problèmes que nous rencontrons, ou même créer simplement du lien social par le jeu.

Et vous ? Quels sont vos outils de brainstorming favoris ? Quels sont les nouveaux artefacts auxquels vous avez pensé en lisant cet article ?

Pour aller plus loin :

Apprendre Scrum avec des LEGOS

 

Objectif : Scrum (et vite) !

Lorsque l’on m’a demandé de former des développeurs à Scrum dans un temps limité, j’ai commencé à réfléchir aux différentes options qui s’offraient à moi, et, après avoir exclu la fuite, j’ai écarté la possibilité d’une formation théorique pour une option qui m’est apparue bien meilleure. Plutôt que de leur enseigner Scrum au travers d’une présentation, j’allais le leur faire vivre.

Lego4Scrum

J’ai découvert Lego4Scrum lorsque j’ai commencé à me documenter sur les jeux agiles. La version française de l’article expliquant en détail le déroulement de l’atelier est disponible à cette adresse : Lego4Scrum.

Pour résumer, il s’agit de simuler par la construction de modèles en LEGO le processus de développement d’une application avec ses différentes fonctionnalités, en y appliquant les principes de Scrum. En lieu de l’application à développer, c’est une ville en LEGO que l’on cherche à construire. Ce faisant, les développeurs vont expérimenter la construction itérative et incrémentale, la coordination et la communication au sein d’une équipe soumise à un rythme de travail soutenu, et l’importance capitale de la conception avec le Product Owner et de son feedback.

Une fois les préparatifs nécessaires faits, nous allions pouvoir nous lancer dans cet atelier.

Un petit brief sur Scrum

Afin de ne pas larguer l’équipe en territoire totalement inconnu, je leur explique brièvement les valeurs et quelques principes du manifeste Agile, les rôles de Scrum ainsi que le pourquoi du comment tout cela s’articule. Faute de pouvoir trop m’étendre sur les principes de la méthode, je préfère me concentrer sur les problématiques adressées par la méthode que sur les fonctionnements à mettre en oeuvre.

Ma ville, ma vie, mon oeuvre

J’endosse alors ma tenue de Product Owner pour expliquer ce que j’attends d’eux. Je compte sur eux pour m’aider à construire une ville, mais pas n’importe quelle ville, c’est la mienne ! Comme c’est la mienne, c’est moi qui doit décider de tout, pour que chaque bâtiment me plaise, c’est la moindre des choses. Je leur explique également que pour cela, je serais bien sur disponible tout au long de la construction pour répondre à leurs questions et valider par mes retours ce qu’ils auront réalisé.

Je leur présente alors les différents bâtiments que je désire voir composer ma ville, leur demande d’évaluer la complexité de réalisation de chacun d’eux pour juger de la faisabilité de mon planning de construction, et qu’ils s’en fassent une idée claire, et j’ordonne mes bâtiments dans l’ordre qui me semble le plus approprié, du plus important au moins important.

A vos marques ! Prêts ! Partez !

Après quelques minutes à s’accorder sur l’organisation de la construction des différents bâtiments, l’équipe passe aux choses sérieuses et commence à manipuler les briques, pour la première itération de 7 minutes. Je vois les premières constructions se dessiner, et les premiers problèmes se profiler à l’horizon…

Construction en cours...Avant que l’on s’en rende compte, le temps imparti pour la première itération est écoulé. Et la dure réalité s’abat sur l’équipe. Malgré les efforts de chacun, aucun bâtiment n’a été terminé ni validé. En fait, l’équipe a ignoré purement et simplement le Product Owner pour se concentrer uniquement sur l’idée que chacun se faisait de ce qui devait être construit. On discute rapidement de ce qui n’a pas marché, ce qui n’a pas été compris, et on repart pour une nouvelle itération.

J’observe rapidement que les comportements changent. Le Product Owner est plus souvent sollicité, une validation pas-à-pas de plusieurs bâtiments lui est demandée. Les bonnes pratiques de construction sont partagées en direct par les membres de l’équipe, certains commençant à travailler ensemble sur certains bâtiments. Et les premières constructions commencent à trouver leur place à l’emplacement de ma ville.

La troisième itération verra une nouvelle augmentation de l’efficacité de l’équipe, capitalisant sur les pratiques découvertes lors de l’itération précédente qui se sont avérées payantes, et éliminant celles qui se sont montrées contre-productive.

 

Enfin ma ville est là !

Ou presque. Enfin, il manque quelques éléments, comme mon magasin que je voulais depuis le début. Certains bâtiments ont trouvé une nouvelle stratégie, comme le fait de séparer l’hôpital en deux pour pouvoir bénéficier d’un service d’urgences fonctionnel avant d’avoir le reste des services hospitaliers. Il reste encore plusieurs bâtiments en cours de construction à la fin, mais j’attendrais une prochaine session avec eux pour parler de Lean…

Enfin ma ville !